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Des parties prenantes proposent des alternatives énergétiques pour l'Afrique – Résultats du dialogue sur le climat et les alternatives énergétiques

25 Jun 2020
Des parties prenantes proposent des alternatives énergétiques pour l'Afrique – Résultats du dialogue sur le climat et les alternatives énergétiques

Les 22 et 23 juin 2020, des OSC / ONG locales et internationales du Ghana, du Togo, du Sénégal, du Brésil, des Philippines, d'Algérie, du Kenya ainsi que du Nigeria se sont jointes à la Health of Mother Earth Foundation (HOMEF) pour un dialogue virtuel de deux jours / École d'écologie sur le climat et les alternatives énergétiques.

L'événement, qui a également réuni des étudiants, des représentants communautaires et le milieu universitaire, a interrogé les impacts du changement climatique tels qu'ils se rapportent à l'énergie et aux alternatives énergétiques en Afrique et à travers le monde. Le dialogue a mis en avant des alternatives aux combustibles fossiles tout en invitant les peuples et les communautés à se voir comme des acteurs du climat afin d'exiger la fin de la dépendance à l'énergie sale et de la dégradation environnementale qui l'accompagne.

Parmi les intervenants figuraient Nnimmo Bassey (Nigeria), Ken Henshaw (Nigeria), Fatima Diallo (Sénégal), Marcelo Calazans (Brésil), Ikal Angelei (Kenya), Philip Jakpor (Nigeria), Chibezie Ezekiel (Ghana), Babawale Obayanju (Nigeria), Hamza Hamouchene (Algérie), Enteng Bautista (Philippines), Emem Okon (Nigeria) et Kwami Kpondzo (Togo).

Les participants ont convenu que la dépendance au pétrole représente un grand défi pour les gouvernements africains, un défi aggravé par la pandémie de COVID-19. Une série d'impacts du changement climatique tels que les inondations extrêmes, les cyclones, les sécheresses et les invasions de criquets, que notre dépendance aux combustibles fossiles pour faire tourner nos économies a provoqués, ont été abordés.

Il a été noté que l'Afrique a certes besoin d'un meilleur accès à l'énergie, car plus de 640 millions d'Africains (selon la Banque africaine de développement) n'ont aucun accès à l'énergie, ce qui correspond à un taux d'accès à l'électricité pour les pays africains d'à peine plus de 40 pour cent, le plus faible au monde. Il a toutefois été affirmé que nous devons garantir un meilleur accès à l'énergie fondé sur une logique de justice climatique, qui suscite la volonté politique d'élaborer un plan immédiat et à long terme pour alimenter l'Afrique à partir des abondantes ressources renouvelables qu'elle possède, tout en veillant à ce que cela ne s'accompagne pas d'accaparements de terres « verts » et de diverses dépossessions des communautés et des peuples pauvres.

Nous avons besoin d'une nouvelle mentalité pour bâtir des structures énergétiques alternatives qui donneraient naissance à des micro-réseaux d'énergie renouvelable décentralisés à l'échelle du continent, gérés par les communautés et les associations et non par des entreprises privées usurières. L'incapacité à fournir de l'électricité à la majorité des Africains accroît et enracine les inégalités énergétiques

À partir des présentations et des échanges, les observations suivantes ont été formulées :

  1. Pour une transition énergétique durable, il doit y avoir une pleine compréhension de ce à quoi l'énergie et l'électricité doivent servir, ainsi qu'une détermination autonome de ce qui constitue le développement, le progrès et le bien-être
  2. Il est fondamentalement nécessaire de développer une analyse juste de l'économie politique de l'Afrique afin d'élaborer des plans à moyen et long terme pour la transition énergétique.
  3. Les communautés sont largement écartées, ignorées ou laissées de côté dans la prise de décision du secteur de l'énergie.
  4. Les gouvernements et les décideurs politiques s'intéressent davantage aux marchés qu'à une démocratie énergétique qui inclut les populations de la base
  5. L'industrie des combustibles fossiles promeut le faux récit selon lequel les combustibles fossiles seraient infinis
  6. Les femmes sont en première ligne face aux impacts de l'extraction des combustibles fossiles et ne se voient pas offrir de place à la table lorsque les décisions relatives au secteur sont élaborées par les gouvernements et les décideurs politiques.
  7. Les communautés et les défenseurs de l'environnement à travers le monde sont réprimés et privés de la possibilité de faire valoir leur droit de choisir les formes d'énergie qui leur sont utiles.
  8. L'alliance entre les gouvernements africains et les entreprises extractives a conduit à l'idée que le continent ne peut produire de l'énergie et se développer qu'en recourant aux combustibles fossiles
  9. Les luttes des communautés en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud-Est pour la démocratie énergétique et pour libérer leurs territoires des activités polluantes des combustibles fossiles offrent des occasions d'apprentissage essentielles.
  10. Apprendre des autres régions est important pour l'élaboration de réponses holistiques aux défis de l'énergie, en tenant compte de la colonisation des territoires et des environnements naturels et mentaux par l'industrie des combustibles fossiles

À la suite de délibérations et d'observations rigoureuses, le dialogue s'est conclu par les résultats et les revendications ci-dessous :

  1. Les peuples doivent avoir la possibilité et l'espace de décider du type de système énergétique dont ils ont besoin et de la manière de l'obtenir. Leur droit de vivre en harmonie avec la nature et de voir leurs savoirs respectés doit être pris en compte dans les négociations nationales, régionales et internationales sur le changement climatique et les questions énergétiques.
  2. Il est urgent de revoir nos besoins énergétiques selon des technologies renouvelables qui soient bon marché, disponibles, portées par les communautés et non imposées.
  3. L'accès à l'énergie doit être un droit fondamental et non dicté par les marchés ou par des solutions de marché qui présentent les mêmes problèmes sociaux et écologiques que ceux engendrés par les sources d'énergie sales.
  4. Les gouvernements doivent encourager l'usage des énergies renouvelables en éliminant les taxes et les tarifs sur les produits solaires de qualité et les autres produits renouvelables.
  5. Les groupes de la société civile, les organisations confessionnelles, les groupes de femmes et le milieu universitaire doivent continuer à développer de nouvelles stratégies d'engagement pour promouvoir des alternatives permettant de répondre à nos besoins énergétiques et de mettre fin à la civilisation du pétrole.
  6. Dans la planification des projets énergétiques, le consentement libre et préalablement éclairé des communautés doit être obtenu, tout en préservant leur droit de dire non à de tels projets.
  7. La planification de la transition énergétique doit être inclusive sur les plans du genre et du social, aux niveaux local, national, régional et international.
  8. Les projets du gouvernement nigérian de construire des centrales nucléaires dans les États d'Akwa Ibom et de Kogi doivent être arrêtés conformément à la position des populations.
  9. Les Africains et les gouvernements doivent s'engager dans une décolonisation des récits sur l'énergie, notamment en renversant l'imaginaire qui présente le pétrole, le gaz et le charbon comme les sources d'énergie immuables de l'Afrique.
  10. Les peuples du monde entier ont été appelés à rejeter le colonialisme énergétique, l'extractivisme prédateur et à bâtir et relier des mouvements par le bas pour une transition énergétique véritablement juste.

Les résultats ont été approuvés par les organisations ci-dessous

  1. We the People (Nigeria)
  2. Algeria Solidarity Campaign (ASC), / Environmental Justice North Africa (EJNA)- (Algérie)
  3. Kebetkache Women Development & Resource Centre (Nigeria)
  4. Friends of Lake Turkana (Kenya)
  5. Friends of the Earth Togo –(Togo)
  6. Strategic Youth Network for Development (SYND) – (Ghana)
  7. Kalikasan People’s Network for the Environment (Philippines)
  8. FASE- ES (Brésil)
  9. Centre de Recherche et d’Action sur les Droits Economiques Sociaux et Culturels (Sénégal)
  10. Corporate Accountability & Public Participation Africa
  11. Oilwatch Africa/International
  12. Health of Mother Earth Foundation (HOMEF)- (Nigeria)