Déclaration d'Oilwatch Nigeria pour la Journée mondiale de l'environnement – Le message de la nature

Alors que nous célébrons aujourd'hui, le 5 juin 2020, la Journée mondiale de l'environnement (JME), une journée que l'ONU consacre chaque année à encourager la sensibilisation et l'action à l'échelle mondiale pour la protection de l'environnement, sur le thème « L'heure de la nature (la biodiversité) », en mettant l'accent sur son rôle dans la fourniture de l'infrastructure essentielle qui soutient la vie sur Terre et le développement humain.
La biodiversité joue un rôle majeur dans notre existence ici, sur Terre. La biodiversité est le socle qui soutient toute vie sur Terre. Elle affecte tous les aspects de la santé humaine, en fournissant un air et une eau propres, des aliments nutritifs, des connaissances scientifiques et des sources de médicaments, une résistance naturelle aux maladies et une atténuation du changement climatique. Détruire, polluer ou retirer un élément de cette toile affecte l'ensemble du système vivant et peut entraîner des conséquences négatives.
La biodiversité comprend 8 millions d'espèces végétales et animales, les écosystèmes qui les abritent et la diversité génétique qui existe entre elles. Au cours des 10 prochaines années, une espèce connue sur quatre pourrait avoir disparu de la planète, si nous poursuivons nos activités et nos affaires d'extraction fossile comme si de rien n'était.
Les extractions de combustibles fossiles et la dépendance à leurs sous-produits sont connues pour être les principales causes des émissions de CO2 dans le monde entier, un facteur majeur du réchauffement climatique. Tous les aspects des procédés extractifs se sont révélés très nocifs et destructeurs pour l'écosystème, et leurs impacts qui en résultent sont la perte de biodiversité, le déplacement des communautés et des destructions.
Les acteurs de l'industrie extractive et des politiques gouvernementales défavorables ont étouffé cela par divers moyens de déni climatique, afin de continuer à tirer profit de ces pratiques nocives. Ils profitent indûment des communautés vulnérables et des nations moins développées à travers le monde, en leur promettant un essor économique et de meilleurs moyens de subsistance sur un ton faussement altruiste, entre autres choses. Ce sont là de faux espoirs que la réalité a démentis maintes et maintes fois.
Les impacts de la dépendance aux combustibles fossiles et de leur extraction sont énormes. Les activités et procédés d'extraction entraînent diverses formes de pollution environnementale et de destruction de l'écosystème, la perte de biodiversité, la perte de moyens de subsistance, le déplacement des communautés, la dégradation de l'environnement et le changement climatique. Nous devons toutefois relever qu'il n'y a ni opportunités ni emplois sur une planète morte ; si ces impacts se poursuivent, nous n'aurons plus de planète Terre à appeler notre foyer.
L'apparition de la COVID-19 a souligné le fait que, lorsque nous détruisons la biodiversité, nous détruisons le système qui soutient la vie humaine. La nature nous adresse bel et bien un message.
Lorsque nous continuons de porter atteinte à notre environnement et à notre biodiversité, nous devons nous rappeler qu'il n'y a pas de développement social ou économique sur une planète morte. Pour relever ces défis, nous devrons nous unir, élaborer des stratégies et mobiliser les parties prenantes afin de développer une politique ciblée de riposte et un plaidoyer de masse pour mettre fin à toutes les activités extractives dans nos communautés, nos nations et à travers l'Afrique.
Au fil des années, nos campagnes, en tant qu'Oilwatch, ont montré qu'il est possible de stopper et de mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles. Certaines nations à travers le monde, comme le Costa Rica et le Belize, où l'extraction a été freinée, et des communautés comme l'Ogoniland l'ont fait, et nous pouvons faire de même.
Il est grand temps d'opérer un virage radical hors de la dépendance aux combustibles fossiles et d'œuvrer pour une transition juste, où les droits des peuples et des communautés sont respectés, une transition où les populations ont leur mot à dire dans l'exploitation et la gestion des ressources sous leurs pieds, et un passage à 100 % à des alternatives durables, mettant fin à la dépendance totale aux combustibles fossiles et aux activités extractives.


Nous profitons par la présente de ce moyen pour appeler :
- Le gouvernement à mettre fin à toute forme de nouvelle activité extractive (combustibles fossiles / exploitation minière) au Nigeria, en particulier dans la région du delta du Niger, car les activités des secteurs extractifs nuisent à l'environnement naturel et entraînent une perte massive de notre biodiversité. En regardant l'Ogoniland aujourd'hui, un haut lieu de la biodiversité de la région du delta du Niger est devenu l'un des endroits les plus pollués de la Terre, à cause des activités extractives et de la pollution.
- Des mesures devraient être mises en place par les dirigeants africains pour gérer un déclin rapide des infrastructures de combustibles fossiles déjà existantes et élaborer des stratégies de mise en œuvre d'alternatives d'énergie renouvelable.
- Le gouvernement devrait commencer à élaborer des plans adéquats et appropriés pour réaffecter les travailleurs aux sites de dépollution de l'Ogoniland, car de nouveaux retards aggravent la pollution et accroissent la perte de biodiversité ainsi que les impacts de la pollution sur les communautés.
- Toutes les structures de santé existantes dans les communautés touchées devraient être correctement financées et bien équipées pour répondre aux besoins de santé des habitants, en particulier en cette période de pandémie de COVID-19.
Par la présente déclaration, nous recommandons donc que :
- Une transition juste vers des systèmes d'énergie 100 % renouvelable soit encouragée.
- Les habitants des communautés se voient donner la possibilité d'avoir leur mot à dire dans la gestion et l'utilisation des ressources naturelles présentes dans leur environnement.
- Les communautés forestières et côtières soient protégées et préservées des activités des entreprises extractives
- Les entreprises et les banques qui financent les extractions de combustibles fossiles se désengagent de celles-ci et orientent plutôt leurs financements vers le développement et l'encouragement d'alternatives renouvelables.
- Les hauts lieux d'espèces (animaux, plantes, etc.) soient protégés de toute forme de processus de développement, qu'il s'agisse de projets privés ou publics.
- Des stratégies de planification et de développement des écosystèmes soient mises en place pour assurer une bonne gestion des ressources communautaires.
À propos d'Oilwatch
Oilwatch est un réseau qui bâtit la solidarité et promeut une identité commune parmi les peuples du Sud qui cherchent à stopper l'expansion des activités d'extraction de combustibles fossiles qui dégradent les territoires, socialement et écologiquement.
Pour en savoir plus, contactez-nous :
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