COP : endommagée et perdue

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et sa Conférence des Parties (COP) ont soigneusement évité de désigner les combustibles fossiles comme la principale source des gaz à effet de serre à l'origine des changements climatiques. Les Nations Unies estiment que les combustibles fossiles représentent environ 75 % de toutes les émissions de dioxyde de carbone.1
D'autres sources avancent des pourcentages bien plus élevés.2 Les COP sont une étude de la régression. On est passé de la mesure de réductions d'émissions contraignantes à un système volontaire qui autorise des engagements fictifs et offre des marges pour l'inaction, ou pour une action fictive telle que le permet l'environnementalisme de marché. Les COP étant totalement noyautées par les entreprises et les banques, les Parties poursuivent comme si de rien n'était, cherchant des accords qui profitent aux industries fossiles et connexes plutôt que de s'attaquer à une polycrise mondiale.
Le rapport sur l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions (Emissions Gap Report) du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) met en évidence le fossé alarmant entre les négociations climatiques, les « ambitions » et la réalité. Le rapport 2022 montre que si les nations mettent en œuvre les engagements nationaux pris depuis 2021, il n'y aura qu'une réduction des émissions de 1 % d'ici la fin du siècle. De façon frappante, ces engagements ne feront qu'une « différence négligeable » aux émissions prévues pour 2030.3
Les engagements actuels placent le monde sur la voie d'une hausse de température de 2,8 degrés Celsius d'ici la fin du siècle. En effet, les « engagements », ou CDN, ne sont que de pures inventions et des opérations mathématiques astucieuses qui, là encore, ne s'attaquent pas aux véritables causes du réchauffement climatique.
Toutes ces promesses ne sont en fait que des points de référence pour le marché mondial du carbone et les échanges d'ITMO. Demander un engagement plus « ambitieux », c'est en réalité demander aux gouvernements de créer toujours plus de scénarios féeriques et d'avenirs contrefactuels, qui ne cherchent qu'à multiplier les possibilités pour les pollueurs d'acheter des crédits et d'atteindre l'objectif du Net Zéro ou de la neutralité carbone.
Lire le rapport complet ici.



