Californie, ne laissez pas Shell brûler la planète !
Oilwatch International
Déclaration de rejet du dispositif REDD de la Californie
Jour de la Terre, 22 avril 2013
Les Californiens sont réputés pour leur sensibilité aux questions environnementales ; c'est pourquoi, à Oilwatch International, nous avons été consternés d'apprendre que l'État de Californie pourrait laisser des criminels climatiques comme Shell et Chevron s'en tirer, en intégrant à sa loi sur le réchauffement climatique une fausse solution appelée REDD.
REDD (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) est un mécanisme de compensation carbone par lequel les pollueurs utilisent les forêts et les terres comme de prétendues éponges à pollution, au lieu de réduire les émissions de gaz à effet de serre à la source.
REDD permet aux pollueurs de continuer à polluer et au réchauffement climatique de s'aggraver. La loi californienne sur le changement climatique, AB32, inclut actuellement des compensations REDD nationales et pourrait bientôt être élargie pour inclure aussi des compensations REDD internationales provenant de pays comme le Mexique, le Brésil et le Nigeria.
Nous dénonçons l'échange de pollution contre des forêts comme la pire forme de racket de protection. L'État de Californie a déjà tourné en dérision ses efforts de lutte contre le réchauffement climatique en recourant au marché du carbone et aux compensations. Nous demandons que la Californie n'ajoute pas l'injure à l'insulte en y intégrant également REDD.
Tandis que les communautés qui dépendent des forêts souffrent de projets de compensation carbone qui accaparent et exploitent leurs forêts comme de simples puits de carbone, des pollueurs comme Shell étendent leurs activités grâce à une escroquerie qui n'est manifestement rien de plus qu'un commerce de vent.
Les projets de type REDD nuisent à la fois aux Californiens et au monde entier. Par exemple, Shell a récemment acheté 500 000 crédits de compensation carbone auprès d'un projet forestier portant sur plus de 200 000 acres dans le Michigan, ce qui non seulement autorisera sa raffinerie de Martinez, en Californie, à polluer et à rejeter des substances cancérigènes, mais poussera aussi la planète un peu plus loin sur la voie d'un réchauffement climatique catastrophique.
Faire des compensations carbone forestières une politique officielle reproduit l'injustice toxique et le racisme environnemental qui frappent les communautés à faibles revenus du Nord global, tout en exposant les communautés vulnérables du Sud global à des violations flagrantes des droits humains, à l'accaparement des terres, aux déplacements et à la destruction de notre patrimoine bioculturel.
Nous parlons depuis le Nigeria, où Shell est un criminel climatique tristement célèbre pour le génocide contre le peuple Ogoni. Nous parlons depuis l'Équateur, où Chevron est un criminel climatique qui a saccagé l'Amazonie. Nous parlons depuis l'Île de la Tortue, où nos terres et nos peuples ont été dévastés par les énergies sales, du charbon à la fracturation hydraulique, du torchage aux sables bitumineux. Nous parlons depuis la planète Terre, où la civilisation des combustibles fossiles a mené la biosphère au bord de l'effondrement.
Les achats de vent de Shell aux États-Unis et à l'étranger annoncent un grand danger pour les peuples autochtones et les communautés qui dépendent des forêts partout dans le monde. Échanger la pollution contre des forêts menace les droits, les ressources, les territoires et la survie même des peuples autochtones.
Le marché du carbone et REDD en Californie encouragent les industries des énergies sales à verrouiller leurs systèmes polluants au lieu de les réduire, comme l'exige la science du climat.
Les Nations Unies elles-mêmes admettent que REDD pourrait entraîner le « verrouillage des forêts », la « perte de terres » et de « nouveaux risques pour les pauvres.
» Nous soutenons la déclaration du réseau NO REDD in Africa selon laquelle REDD ne met pas fin à la déforestation, mais apparaît plutôt comme une nouvelle forme de colonialisme, de subjugation économique et un moteur d'accaparement de terres d'une ampleur telle qu'il pourrait constituer un accaparement de tout un continent.
Nous soutenons la Global Alliance of Indigenous Peoples and Local Communities on Climate Change against REDD and for Life, qui dénonce REDD comme potentiellement le plus grand accaparement de terres de tous les temps, aux conséquences dévastatrices pour les peuples autochtones sur les terres et territoires desquels se trouve la majorité des forêts.
Nous soutenons La Via Campesina, le plus grand mouvement paysan du monde, qui rejette REDD et dénonce le fait qu'il pourrait porter atteinte à la souveraineté alimentaire, provoquer la faim et aboutir à une contre-réforme agraire.
Nous soutenons nos sœurs de la Marche mondiale des femmes qui s'opposent à REDD parce qu'elles savent qu'il pourrait constituer une nouvelle forme de violence contre les femmes.
Nous affirmons les principes fondateurs de Climate Justice Now!, qui stipulent que les causes profondes du réchauffement climatique doivent être combattues dès maintenant et que les fausses solutions ne doivent pas être tolérées.
Nous affirmons l'Accord de Cochabamba du Sommet des peuples sur le changement climatique, qui rejette REDD et exige des réductions de gaz à effet de serre à la source.
Nous savons que la Californie ne se laissera pas duper par REDD. Le bon sens exige que nous mettions fin à la dépendance aux combustibles fossiles, et non que nous laissions des entreprises comme Chevron et Shell continuer à s'enrichir tout en mettant la planète à feu.
Nous ne croyons pas au battage autour de REDD, et l'État de Californie ne devrait pas non plus y croire. Pour le bien des peuples et de la planète, rejetez REDD en Californie. Le monde vous en remerciera.
Ivonne Yanez Quito :
Oilwatch International
sudamerica@oilwatch.org
Nnimmo Bassey Benin City :
Oilwatch International
Nnimmo@eraction.org
www.oilwatch.org
Envoyé à :
The Honorable Jerry Brown
Gouverneur de Californie
c/o State Capitol, Suite 1173
Sacramento, CA 95814
c/o : Clifford Rechtschaffen, Conseiller principal
cliff.rechtschaffen@gov.ca.gov
Mary Nichols
Présidente, California Air Resources Board
1001 I Street, Sacramento, California 95812
mnichols@arb.ca.gov
COPIES À : Ashley Conrad-‐Saydah
Secrétaire adjointe à la politique climatique
California Environmental Protection Agency
1001 I Street, Sacramento, California 95812
acsaydah@calepa.ca.gov
Arsenio Mataka
Sous-secrétaire à la justice environnementale et aux affaires tribales
California Environmental Protection Agency
1001 I Street, Sacramento, California 95812
amataka@calepa.ca.gov
La Ronda Bowen
Médiatrice
California Environmental Protection Agency
1001 I Street, Sacramento, California 95812
lbowen@arb.ca.gov
JasonA.Gray
StaffCounsel,CaliforniaAirResourcesBoard
1001IStreet,Sacramento,California95812
jagray@arb.ca.gov



