Déclaration de la conférence 2018 d'Oilwatch Africa

Au-delà des combustibles fossiles
La conférence d'Oilwatch Africa qui s'est tenue à Lamu portait sur le thème : Au-delà des combustibles fossiles..
Les membres du réseau Oilwatch Africa, des représentants de la communauté de Lamu, des organisations non gouvernementales (ONG) et des organisations communautaires (CBO) se sont réunis à Lamu, au Kenya, du 6 au 10 août 2018, pour examiner la politique des extractions de combustibles fossiles, les impacts des combustibles fossiles sur le continent et la stratégie visant à libérer la puissance de l'Afrique vers des alternatives aux systèmes énergétiques fondés sur les combustibles fossiles, respectueuses de l'environnement et socialement justes.
Les membres d'Oilwatch Africa ont examiné les implications du projet LAPSET proposé (centrale électrique au charbon, port en eau profonde et extraction pétrolière) par le gouvernement kényan sur la vie socio-économique des habitants de Lamu, notamment les impacts de ces projets sur leur culture, leur agriculture, la pêche et les moyens de subsistance de la population.
Le mouvement Save Lamu a partagé son expérience des luttes qu'il mène pour empêcher que le projet de charbon proposé n'aboutisse, grâce à la mobilisation de partenaires, de parties prenantes et d'acteurs communautaires à travers le Kenya, y compris des organisations de terrain faisant partie du mouvement Save Lamu.
La conférence a analysé :
- Les luttes des habitants de Lamu pour sauver leur environnement des destructions et de la dégradation qui découleraient de la centrale électrique au charbon, de la construction du port en eau profonde et de l'exploration pétrolière à Lamu.
- Les intérêts politiques et économiques des gouvernements et des compagnies pétrolières multinationales ; ont en outre été abordés les impacts des combustibles fossiles, en expliquant que les pollutions pétrolières ne respectent aucune frontière : que la terre contienne du pétrole ou non, nous devons nous préoccuper des activités extractives.
- La corruption politique et l'abus de pouvoir politique ont également été analysés comme un problème majeur auquel la population est confrontée.
- À l'échelle mondiale, le monde passe des extractions de charbon et de pétrole aux énergies renouvelables, car le pétrole s'épuise rapidement ; il est donc impératif, en tant qu'Africains, d'adopter ces mesures en opérant une transition vers des sources d'énergie 100 % renouvelables
- La multiplication des atteintes aux droits humains et environnementaux infligées à nos communautés et à nos peuples,
- Les questions d'accaparement des terres, de déplacements et de marginalisation des communautés en Afrique,
Oilwatch Africa a noté que "laisser les fossiles dans le sol” et le recours aux “énergies renouvelables” est possible et constitue la voie incontournable pour protéger nos nations, lutter contre le réchauffement climatique et assurer un avenir à nos enfants.
Laisser les combustibles fossiles dans le sol sera un moyen puissant d'atténuer l'impact du changement climatique ;
Nous formulons donc les revendications suivantes :
- Les droits de protection des ressources naturelles des communautés devraient être exercés afin d'ouvrir des possibilités de partage des bénéfices.
- Les communautés devraient être pleinement associées aux processus d'EIA et impliquées dans tout projet de développement lancé par l'État, afin de créer des espaces d'accès à l'information et à la prise de décision.
- Des soutiens bilatéraux visant à protéger l'environnement unique de Lamu contre des projets hostiles et destructeurs, tels que le projet énergétique de Lamu, devraient être mis en place.
- Construire un nouveau système énergétique fondé sur des énergies renouvelables détenues par la collectivité, avec des emplois dans l'industrie manufacturière ainsi que dans la construction et l'exploitation ;
- les mines individuelles et les régions minières dans leur ensemble devraient être réhabilitées et restaurées, les terres et les écosystèmes endommagés devraient être décontaminés et ces terres utilisées pour construire des fermes solaires à grande échelle ;
- Les gouvernements africains devraient s'engager en faveur de la pratique démocratique et veiller à ce que les personnes qui défendent leurs terres contre le charbon et les autres exploitations minières, gazières et pétrolières ne soient menacées en aucune façon.
- Construire de bonnes habitations économes en énergie, équipées de chauffe-eau solaires (avec entretien après installation), afin que les gens vivent confortablement en consommant un minimum d'énergie ;
- Créer une économie zéro déchet, en éliminant l'obsolescence programmée et les produits jetables et en développant des niveaux élevés de recyclage et de compostage des déchets organiques ;
Pour nous, cela pourrait être un avenir.
Cette déclaration a été publiée le 7 août 2018 à Lamu, au KenyaLes participants à la réunion venaient du Kenya, du Ghana, du Nigeria, du Mozambique, d'Afrique du Sud, du Soudan du Sud, du Swaziland, du Togo et de l'Ouganda.



