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Une COP28 compromise

19 Jan 2023
Une COP28 compromise

Oilwatch désapprouve le choix du dirigeant de l'Abu Dhabi National Oil Company, aux Émirats arabes unis (EAU), pour présider la COP28. Les COP passées ont connu une présence envahissante de délégués du secteur des combustibles fossiles. De fait, à la COP27 tenue à Charm el-Cheikh, en Égypte, le secteur comptait plus de délégués que n'importe quel pays. Confier la présidence d'une COP au dirigeant d'une compagnie pétrolière est une forme de déni climatique. À l'heure où le monde devrait tout mettre en œuvre pour passer des combustibles fossiles aux énergies renouvelables, cette nomination est une manifestation évidente de déni du changement climatique.

Avec l'annonce de ce patron du pétrole à la présidence de la COP, il apparaît clairement que la COP28 est profondément compromise. La nomination de Sultan Al Jaber, qui est ministre de l'Industrie et des Technologies avancées des EAU et également dirigeant de l'Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc), douzième plus grande compagnie pétrolière au monde par sa production, va assurément verrouiller des solutions fausses et dangereuses dans le processus de la CCNUCC. La COP est censée combattre le réchauffement climatique, pas l'aggraver.

Nnimmo Bassey, membre du comité de pilotage d'Oilwatch International, a déclaré : « Les deux dernières COP grouillaient de délégués du secteur des combustibles fossiles, qui ont été responsables du blocage de toute action climatique réelle ou du déraillement des négociations. Leur présence massive a empêché la COP d'appeler à une sortie des combustibles fossiles, alors même que c'est la chose sensée à faire. Aujourd'hui, les EAU crachent au visage des nations inondées, submergées et autrement frappées par le climat en nommant le chef parmi les pollueurs pour présider la COP28. Nous appelons les EAU à annuler cette nomination. Il est temps d'expulser les pollueurs de la COP, et non d'en faire les principaux maîtres des débats. S'ils maintiennent cette nomination, la COP aura mérité son titre de Conférence des Pollueurs. »

La coordinatrice d'Oilwatch Africa, Salome Nduta, a déclaré : « La nomination du dirigeant d'Abou Dhabi, ou de quiconque a des intérêts dans le pétrole, bâillonnera à coup sûr les discussions sincères sur la protection de l'environnement. C'est une tentative délibérée d'inverser les maigres acquis obtenus jusqu'ici ; les compagnies pétrolières, qui sont les principaux pollueurs et violateurs de droits, ne devraient pas être érigées en juges dans une affaire dirigée contre elles. Confier ce rôle à l'un des leurs est une violation flagrante des droits et un conflit d'intérêts. »

Kentebe Ebiraidor, coordinateur d'Oilwatch International, a réagi en déclarant : « Il est cocasse de voir le président d'une multinationale jouer les hôtes de la COP28. Cela montre que les discussions seront centrées sur le profit au détriment des personnes, et c'est une indication claire que la COP28 est vouée à l'échec avant même de commencer. C'est aussi le signe évident que les communautés et l'environnement souffriront, car les décisions qui sortiront de ces débats ne seront en rien significatives ni favorables aux populations. Oilwatch International demande aux EAU de revenir sur leur décision en changeant le président de la COP. »

Cette annonce confirme les craintes de la société civile et des mouvements de justice climatique : la COP doit être remplacée par une conférence des peuples sur le changement climatique, à l'image de la Conférence sur le changement climatique et les droits de la Terre mère qui s'est tenue à Cochabamba, en Bolivie, en avril 2010.

Cette hypocrisie doit cesser.

Contact :

Kome Odhomor,

kome@homef.org

Communication et médias, Oilwatch Africa

www.oilwatch.africa